Au moment d’écrire les premières lignes de ce texte, je suis assise dans un café de la rue Marie-Anne, un mardi après-midi avant une rencontre avec une cliente. J’ai profité d’une accalmie dans mes semaines un peu trop chargées pour préparer une publication sur ma page Facebook professionnelle, question de faire voir ce que je fais à des clients potentiels. BON! À ma famille et mes ami.e.s, quoi!

Ça faisait longtemps que je n’avais pas écrit quelque chose sur ma page. Pourtant, l’année s’était bien entamée, j’avais pris un bon rythme, mais la venue d’un mandat assez gros avec TV5 a changé un peu la donne. Mon inaction m’a même fait oublier un truc important à souligner.

Le 14 mars, ça a fait 3 ans que je suis à mon compte 🎉

C’est bien vrai! Le 11 mars 2016, j’ai quitté mon emploi en agence et le lundi 14 mars 2016, je commençais déjà à accumuler les mandats. Bon, je vous rassure, ça ne se bousculait pas aux portes, mais pour être franchement honnête, je dois dire que je m’en tire plutôt bien.

J’aimerais pouvoir dire que ça n’a pas été facile, que j’ai vécu embûche par-dessus embûche, que je suis tombée et que je me suis relevée encore plus grande et plus forte (l’échec est bin à la mode ces temps-ci), mais ce serait faux.

Je ne me pète pas les bretelles, loin de là, parce qu’il faut le dire, être à son compte, ce n’est pas toujours parfait.

À commencer par le fait que ce n’est pas toujours super le fun de jaser avec son chat, à défaut de ne pas avoir des collègues de travail avec qui jaser de mes petits drames personnels. Et j’ai essayé le coworking, mais je suis bien trop radin pour me payer un bureau à 250 $ par mois quand j’en ai un qui est gratuit, à la maison. D’ailleurs, peut-on jaser du prix des espaces de coworking?

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Puis, il y a les finances. Celles que je n’ai pas encore été capable de planifier. Quand les impôts ont cogné à ma porte la première année, bin j’ai fait un peu l’saut. Depuis, je me suis habituée (à avoir du mal à dormir quand les acomptes provisionnels approchent). Il paraît que quand on passe le cap des 3 ans, ça devient plus facile (bon, ça, c’est moi qui le dis, ça me motive).

Enfin, il y a les questions, conseils, commentaires, name it! Pourquoi tu n’engages pas un employé? Pourquoi tu ne t’associes pas? Pourquoi ne prends-tu pas une stagiaire? Qu’est-ce que tu comptes faire de tout ça? Combien d’heures par semaine fais-tu? Combien de mandats as-tu? Où te vois-tu dans 1, 5, 10, 20 ans?

Perso, je me vois faire un potager et vivre de mes légumes, mais il paraît que ça ne fait pas bin bin entrepreneure de répondre ça.

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Même si je le voulais, même si ça fait 3 ans, je n’ai pas de réponses à toutes ces questions. Je ne me sens même pas à l’aise de donner des conseils à ceux qui se lancent.

Parce qu’après 3 ans à mon compte, ce n’est pas au niveau professionnel que j’en ai appris, c’est plus au niveau personnel

Je ne me connaissais pas très bien avant de me lancer à mon compte. Bon, je savais que j’étais travaillante, fonceuse, efficace et que je n’aimais pas trop me lever avant le lever du soleil. Des qualités qui m’ont bien sûr aidé.

Mais c’est mon sens de l’organisation qui est la clé de mon « succès ». Au point tel que ça m’a pris un peu plus d’un an avant de réaliser que je pouvais avoir un horaire flexible, me lever après le lever du soleil, travailler le soir, la nuit, le weekend, à distance, prendre soin de moi, m’entraîner en plein milieu de la journée — On se rappelle mon texte sur la performance (juste ici) — Et même si j’ai encore de la misère à l’admettre (ce trait de caractère m’agace royalement), il faut dire que sans lui, je n’y serais jamais arrivée.

Du moins, il y aurait peut-être eu quelques échecs à raconter. Pis c’est vrai que des échecs, c’est nice pour le storytelling, que quand on n’en a pas vécu, c’est peut-être parce qu’on n’ose pas assez, mais pour le moment, je ne me plains pas. À ce jour, je suis pas mal occupée et j’ai des mandats engageants qui sont cannés jusqu’à la fin de l’année.

Je finirais ce texte en disant que, dans ma vie, j’ai pris beaucoup de décisions que je regrette, mais me lancer à mon compte, le 14 mars 2016, ne fait pas partie de celles-là

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p.s. Le plus funny, c’est que depuis ma sortie d’université, travailler pour moi est la plus longue expérience de travail que j’ai à mon CV.

Photo © par Erik Brolin sur Unsplash