Tous les derniers vendredis du mois depuis plus de 4 ans, j’ai la chance d’assister aux conférences organisées par CreativeMornings Montréal. Le 30 août dernier, j’étais d’autant plus emballée d’y être, car la conférence, sous le thème Justice, était donnée par Chloé Freslon, fondatrice de la communauté Urelles et co-fondatrice du Manifeste des femmes en tech.

Une conférence qui éveille les consciences

Sans être moralisatrice, Chloé souhaite que tous prennent conscience que le manque de femmes en technologie peut bouleverser bien des choses. Elle commence donc sa conférence en nous parlant d’Internet. Cette si belle technologie qui est entrée dans nos maisons dans les années 90. Elle parle avec nostalgie des moments passés devant son ordi, à jaser sur les communautés mIRC et ICQ. Chloé sait comment charmer, ça me rend tout aussi nostalgique qu’elle!

Puis, elle continue sa conférence en nous parlant de son arrivée sur le marché du travail. Pleine de bonheur, Chloé a vite déchanté quand elle a réalisé qu’être une femme en tech, c’est loin d’être facile. Faire partie du maigre 20 % des femmes représentant la main d’œuvre en technologie, c’est loin d’être assez pour s’élever dans l’industrie, mais surtout, c’est loin d’être équitable  pour développer des produits qui répondent aux besoins de tous (all genre included).

Elle nous donne un exemple assez flagrant : les toilettes publiques. Ces damnées toilettes pour femmes qui sont toujours trop achalandées. Comment se fait-il qu’il y ait toujours un line-up pour l’utilisation des toilettes des femmes contrairement à celles des hommes? Si les ingénieurs avaient réfléchi aux besoins des femmes vis-à-vis ceux des hommes (menstruation, problème urinaire plus fréquent, plus souvent accompagnées d’un enfant, etc.), peut-être auraient-ils construit des toilettes qui répondraient mieux aux besoins des femmes?

L’importance d’un ratio 50/50 (en tech, mais comme dans tout) permettrait de créer des produits technologiques ou des algorithmes qui prennent en compte les besoins de tous, peu importe le sexe.

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Pourquoi je mets l’emphase sur la conférence de Chloé sur mon blogue?

C’est vrai qu’il est rare que je prenne le temps d’écrire un texte après avoir assisté à une conférence CreativeMornings. Si j’ai décidé d’écrire sur celle-ci, c’est parce que ça me rejoignait personnellement.

Il y a quelques années, quand je faisais justement partie de l’équipe CreativeMornings Montréal, j’ai eu la chance de rencontrer Chloé. Elle souhaitait rencontrer une bénévole pour jaser de l’apport des femmes au sein de cette équipe. À cette époque, les femmes étaient amplement représentées, la conversation a donc bifurqué sur moi, désormais travailleuse autonome dans le domaine des réseaux sociaux. Chloé a donc voulu m’interroger sur mon expérience comme femme au sein des entreprises dans lesquelles j’avais travaillées.

Une conversation zéro fructueuse. Même que d’après moi, je l’avais bin gros déçue.

Il est vrai qu’à l’époque où j’étais employée, je baignais dans un univers assez masculin. Mais ça n’a jamais été un problème pour moi. Faut dire que tous mes anciens collègues de travail vous diront que je n’ai aucun problème à prendre ma place. Certains pouvaient même frôler le bureau pour me demander quelque chose. Chose qui n’est pas tant une fierté, soit dit en passant, mais ce serait malhonnête de dire que ça ne l’a jamais été.

La « One of the Boys »

Je me suis taillée une pas pire place sur le marché du travail, parce que je suis devenue « one of the boys ». Ça, pour moi, ça voulait dire : pas d’émotions pis que le plus fort gagne! Et bien qu’à l’époque, c’était quelque chose de bien normal, je peux affirmer aujourd’hui que cette façon de penser m’a fucké sur un moyen temps. Pis c’est en devenant travailleuse autonome que je l’ai réalisé.

Au même moment, j’étais dans une relation amoureuse. Cette relation est rapidement devenue houleuse, car mon +1, je l’avais rencontré dans un contexte de travail. Pour lui, c’était difficile de comprendre comment j’étais passée d’une femme indestructible qui fonçait dans toutes les portes à une femme avec des émotions.

Mon quotidien et son contexte avaient changé. Je n’étais plus entourée de collègues de travail, j’étais seule avec moi-même. La « one of the boys » était devenue la « one and only » avec des émotions pis toutes pis toutes. Faque, à cette époque, pour le bien de ma relation, j’ai consulté. Je voulais redevenir cette personne forte, indépendante, qui n’avait besoin de personne et qui se foutait pas mal de tout.

Sauf que… Je ne suis pas cette personne!

Aujourd’hui, je suis toujours une femme forte, indépendante et je prends ma place quand il se doit, mais je ne suis plus « one of the boys ». Parce que j’ai compris, et merci Chloé, que d’agir comme ça, ça ne règle rien. Ni pour soi ni pour les autres.

Peu importe le sexe, tout le monde doit être « one of the group », tout simplement.

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© Photo: Tora Photography